Contre le Gainsbourg vie héroïque

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J’avais un peur de confronter mes souvenirs de Gainsbourg, les anecdotes de sa vie, son univers, à ce film acclamé par tous, j’ai nommé le « Gainsbourg vie héroïque ». Et j’AI EU RAISON, fais chier quand même. La bande annonce que j’avais publié m’avais mis l’eau à la bouche mais finalement le festin n’aura pas lieu !!!!
Reprenons les éléments de ce fiasco :
-Joann Sfar fan de Gainsbourg mais seulement dessinateur de BD, aie un premier film c’est rarement bon !!!
-les acteurs font du mimétisme total, visiblement il vaut mieux se focaliser sur l’apparence que sur le profondeur des sentiments
les inrocks trouve ce film magnifique, ils baissent ils baissent ces types !!!
-l’univers à la Gondry avec cette marionnette de Gainsbourg, étouffant.

Ce film, outre l’enchainement linéaire d’anecdotes connus de sa vie et la recherche de sosies parfaits, fait aussi d’énormes contre-sens et là c’est plus grave !!!
-Gainsbourg enfant, est un séducteur sans pareil d’ailleurs plutôt mignon, ne souffre ni de sa condition juive ni de sa laideur : mais je rêve ou quoi, toute sa vie et sa carrière d’artiste sont basé sur la perception qu’il a eu de sa laideur et la souffrance engendrée qui l’a poussé à se dépasser. Il n’a non plus jamais trop parlé de sa condition juive à mon sens.
-Elmonismo de plus, est complètement à coté de ses pompes, parlant doucement, presque timide laissant son double s’exprimer et rendant Gainsbourg peureux, minable. Insupportable.
-Joann Sfar se définit comme un fan de Gainsbourg et que ce « film n’est pas un film pour les fans, mais un film de fan » : tout à fait d’accord , un fan complètement à coté de la plaque.

Comment peut on faire croire au gens qu’un type dont le premier métier est celui de dessinateur BD va réaliser d’un coup un long métrage à gros budget, sachant le travail personnel à faire pour comprendre le langage du film et ses techniques !!!
Quand j’entends Sfar critiqué Audiard et ses caméras à l’épaule, mais je rêve bordel, qu’il aille se re-mâter « De battre mon cœur s’est arrêté » et qu’il se prosterne 30 fois devant avant de revenir nous parler de façon de filmer.
De qui se moque t’on, qui tenait la caméra lors du tournage quand on voit que tous les plans sont parfaits, qui a fait ce scénar bidon grand public, qu’est devenu ce Serge Kaganski des inrocks complètement à coté de ses pompes dans sa critique des inrocks. Heureusement d’autres journaux n’ont pas encenser cette catastrophe, suivre cette critique que je partage à 120%. Les américains sont les seuls à savoir faire du biopic, et la plupart du temps leur réussite ne tient qu’à ne garder qu’une période de la vie de l’artiste. Allez je t’aide un peu Sfar, en gros ton film débute par Gainsbourg adulte et il a à certains moments des flashbacks de son passé d’enfants, et non pas le début de ton film…
Je n’en resterai pas là et je recherche dans mes archives un entretien de Gainsbourg sur France Culture qui remet les points sur les iii : je veux redonner à Serge Gainsbourg son sens initial !!!

PS= Anna Mougladis est géniale

5 Comments

  1. BabeeG.

    27 octobre 2010 à 12 h 43 min

    Je trouve que Sfar, pour un premier film, s’est franchement bien démerdé.

  2. BabeeG.

    23 octobre 2010 à 12 h 22 min

    Non, bah moi je suis pas d’accord. Mais les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas.

  3. maxxxo

    15 octobre 2010 à 11 h 18 min

    Oh putain, je l’avais raté ce post !!!
    Merci Marie ! Pour te paraphraser, je pense que la plus grande preuve d’amour que Sfar aurait pu témoigner à l’égard de Serge Gainsbourg aurait été de s’abstenir de faire ce biopic.

    les goûts et les couleurs… ça se discute pas… Mais y’a quand même des règles absolues qu’il ne faut pas transgresser.

    Gainsbourg lui-même n’a eu de cesse de répéter, que son oeuvr, qu’il qualifiait d’art mineur, n’était que la résultante de sa connaissance des arts majeurs que sont la musique classique, la sculpture, la peinture et la littérature.

    Voici par ordre d’importance les fautes de goût font que ce film est un navet sans nom:

    1- l’insistance jusqu’à la caricature sur le problème juif (tant dans le traitement du contexte historique, que la marionnette ou les parents plus grotesques que popeck)

    2- Le parti pris de ne soit disant pas collé au réél mais paradoxalement le choix délibéré du mimetisme à tout prix pour les interprètes… Ceci ayant pour conséquence d’assister à des scène inouies de cabotinage de la part des acteurs… la palme revenant aux frères Jacques suivis de très près par à Philippe Katerine (que j’adore en dehors de ça) en très mauvais Boris Vian, lui-même talonné par une Fréhel interprètée par Yolande Moreau qui joue l’étilisme avec autant de conviction qu’Anna Mouglalis joue la nymphomanie.

    3- Au niveau de l’écriture, du choix de la bande son, tout est hyper manichéen. Les personnages n’ont aucun fond, aucune substance, aucune âme… toute leur personnalité repose sur un amoncellement de clichés et de lieu communs éculés.

    4- Le film n’a aucune linéarité narrative, c’est juste une succession interminable de scénètes dont le seul « intérêt » est la surprise de savoir quel guest va surgir du chapeau et se ridiculiser pour le restant de ses jours. Mais le systématisme du procédé nous fait frôler l’indigestion (Gonzales au piano, feu Claude Chabrol en producer, Fifi – le vrai, en vieux- en garde du corps), à tel point qu’on ne se concentre plus sur qui ils incarnent mais qu’on a honte pour les interprêtes à chaque phrase qu’ils sont amenés à prononcer.

    5- Autre faiblesse de mise en scène notoire: la Gueule, cet espèce de double en marionnette, le Gainsbarre au cas où on n’ai pas compris, qui se ramène à chaque crise de conscience… Jamais, de mémoire de cinéphile, la dualité intérieure n’avait été traîtée avec autant de lourdeur.

    6- Enfin, la cupidité, le manque de respect des ayants-droit (Bambou, charlotte, lulu, j’imagine) pour avoir laissé une telle boucherie se produire.

    En un mot comme en 1000: si vous aimez le cinéma (c’était le cas de SG qui en a réalisé 4) st si vous aimiez le personnage de serge Gainsbourg et son oeuvre, voici 2 bonnes raisons de vous abstenir à tout prix de cautionner cette profanation pelliculaire.

  4. BabeeG.

    11 octobre 2010 à 21 h 51 min

    Non, franchement, je ne suis pas du tout d’accord ! Sfar, pour un premier film a fait preuve de génie !
    Ce film est vraiment génial, il retrace la vie de Gainsbourg avec une beauté… Bon, je dois avouer le la fin reste un peu chiante. Mais le film reste génialissime. Je peux comprendre que l’on n’aime pas, mais pas au point d’oser dire que c’est nul à chier et que sa vie est « gâchée ». Et il le dit en plus, il aime trop Gainsbourg pour le rendre au réel…
    Sur ce, je vous laisse.
    Marie.

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